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Historique des amendes de Tether : un dossier chronologique complet

De l'enquête du NYAG en 2018 au règlement avec la CFTC en 2021, voici chaque sanction majeure infligée à Tether, les chefs d'accusation retenus et les conséquences qui en ont découlé.

Historique des amendes de Tether : un dossier chronologique complet

Pourquoi le bilan réglementaire de Tether compte plus que la plupart des titres sur les cryptomonnaies

Peu d'entreprises dans le secteur des cryptomonnaies génèrent autant de titres de presse que Tether, l'émetteur de l'USDT, la plus grande stablecoin en circulation. Beaucoup de ces titres mélangent plusieurs types d'événements très différents : enquêtes civiles, accords avec des régulateurs, radiations sur des plateformes d'échange et disputes sur l'identité des auditeurs des réserves. Les lecteurs qui cherchent un historique clair des amendes de Tether se retrouvent souvent avec une liste de dates qui n'explique pas ce que chaque événement a réellement changé.

Cet article retrace les principaux événements dans l'ordre chronologique, en distinguant ce que les régulateurs ont reproché, ce que Tether a reconnu, ce qui n'a jamais été prouvé, et ce qui a évolué dans la détention ou le rachat de l'USDT. L'objectif est de proposer un état des lieux neutre que le lecteur peut utiliser pour juger par lui-même du parcours de Tether, sans prendre au pied de la lettre ni la communication de l'entreprise ni ses critiques les plus virulents.

L'enquête du NYAG de 2018 sur Bitfinex et Tether

Tout, dans l'historique moderne des amendes de Tether, remonte à une seule enquête new-yorkaise qui a débuté fin 2018. Le bureau du procureur général de l'État de New York a ouvert une enquête sur iFinex, la société-mère à la fois de Bitfinex (une plateforme d'échange de cryptomonnaies) et de Tether. La question centrale était de savoir si Tether avait réellement conservé les dollars des clients avec une couverture d'un pour un en dollars américains, comme l'entreprise le prétendait publiquement, ou si elle avait discrètement prêté de l'argent à Bitfinex pour combler un déficit de 850 millions de dollars subi par la plateforme après le gel des fonds d'un prestataire de paiement.

Tether a répondu en soutenant que l'USDT avait toujours été intégralement adossé, qu'aucun client ne s'était jamais vu refuser un rachat, et que le NYAG n'était pas compétent parce que Tether n'était pas agréé à New York. Pendant environ deux ans, l'affaire a produit des documents fuités, des dépôts judiciaires et des affirmations contradictoires sur le fait de savoir si l'USDT était, en pratique, une réserve fractionnaire. Aucune de ces affirmations n'a jamais été tranchée par un tribunal.

Ce que le NYAG a finalement retenu

En février 2021, le NYAG et iFinex (qui exploite à la fois Bitfinex et Tether) sont parvenus à un accord. Les termes principaux : Bitfinex et Tether ont payé ensemble 18,5 millions de dollars, sans reconnaître ni contester les conclusions, et le prêt que Bitfinex avait contracté sur les réserves de Tether a été restructuré et partiellement remboursé. Point essentiel, l'accord n'a pas conclu que l'USDT n'était pas adossé à des actifs. Il a conclu que Tether avait fait des déclarations trompeuses à des investisseurs new-yorkais concernant le prêt, et que Bitfinex avait mélangé des fonds d'entreprise et des fonds de clients.

Pour un lecteur qui reconstitue l'historique des amendes de Tether, cette distinction est la nuance la plus importante à retenir. Le NYAG n'a jamais prouvé que l'USDT était une réserve fractionnaire ni qu'un utilisateur avait perdu de l'argent. Il a prouvé que le prêt existait et qu'il n'avait pas été divulgué.

Le règlement de 2021 avec la CFTC sur les déclarations de réserves

La plus importante action coercitive américaine intentée contre Tether à ce jour émane de la Commodity Futures Trading Commission, en octobre 2021. La CFTC a ordonné à Tether de payer une amende civile de 41 millions de dollars et a ordonné à Bitfinex de verser 1,5 million de dollars dans une affaire connexe. La plainte de la CFTC alléguait que Tether avait affirmé, entre juin 2016 et février 2019, que l'USDT était adossé à 100 % à de la monnaie fiduciaire et aux actifs correspondants détenus par Tether, alors qu'en réalité les réserves de Tether comprenaient des créances non adossées et des prêts à des entités affiliées, y compris le prêt à Bitfinex que le NYAG examinait également.

Comme avec le NYAG, le règlement avec la CFTC n'a pas exigé que Tether reconnaisse les allégations. L'amende a été payée, l'affaire a été classée et Tether a continué à émettre des USDT sans interruption. Mais l'ordonnance de la CFTC a formellement constaté que les déclarations publiques étaient inexactes ou trompeuses au moment où elles avaient été faites. Pour une chronologie de l'historique des amendes de Tether, l'ordonnance de la CFTC est l'entrée qui répond le plus directement à la question de savoir si l'USDT était bien ce que Tether prétendait durant ces années.

Ce que le règlement avec la CFTC a réellement changé

Deux choses ont évolué après l'amende de la CFTC. Premièrement, Tether a cessé de décrire ses réserves avec des formules comme « adossé à 100 % à des liquidités » et a commencé à les présenter comme adossées à des réserves comprenant des liquidités, des équivalents de liquidités, des dépôts à court terme, du papier commercial, des prêts garantis, puis, par la suite, des bons du Trésor américain. Deuxièmement, la société a commencé à publier régulièrement des attestations de réserves par l'intermédiaire d'un cabinet comptable basé aux îles Caïmans, BDO, puis par l'intermédiaire du cabinet italien BDO Italia, avant de passer à une cadence d'attestation plus limitée. Aucune de ces attestations ne constitue un audit complet, et cette différence compte, comme expliqué ci-dessous.

Le vide au cœur de l'affaire : audits et attestations

L'une des raisons pour lesquelles l'historique des amendes de Tether reste d'actualité est qu'aucun cabinet comptable Big Four n'a jamais publié d'opinion d'audit complète sur les réserves de Tether. Les rapports publiés par Tether sont des attestations, et non des audits. Une attestation est une mission plus restreinte dans laquelle un expert-comptable indépendant met en œuvre des procédures convenues et fait état de ses constatations ; un audit est un examen exhaustif qui aboutit à une opinion sur la présentation fidèle des états financiers conformément à un référentiel comptable reconnu.

Pendant des années, les attestations de Tether ont été réalisées par le cabinet italien BDO Italia, dont les rapports indiquaient que les réserves existaient à un moment donné, mais ne se prononçaient pas sur le fait que les actifs sous-jacents étaient suffisants, correctement évalués ou non grevés. Tether a déclaré à plusieurs reprises qu'un audit complet était « en cours » et a, à différents moments, invoqué la complexité de ses réserves, la nécessité d'obtenir la coopération de ses partenaires bancaires et l'absence de norme réglementaire claire pour les émetteurs de stablecoins pour expliquer pourquoi l'audit n'avait pas été achevé.

Pourquoi les critiques continuent d'insister sur la question du Big Four

Les critiques, parmi lesquels figurent certains législateurs américains et des émetteurs de stablecoins concurrents, font valoir que sans audit par un Big Four, les réserves sont essentiellement autodéclarées. Les défenseurs rétorquent qu'aucun grand émetteur de stablecoin ne dispose lui non plus d'un historique d'audit Big Four irréprochable, que les réserves de Tether sont désormais fortement concentrées en bons du Trésor américain et que la société a remboursé des dizaines de milliards d'USDT au fil des années sans jamais manquer à un rachat. Les deux arguments reposent sur des faits vérifiables. Un lecteur qui se forge sa propre chronologie de l'historique des amendes de Tether devrait considérer l'absence d'audit Big Four comme une question ouverte, et non comme une preuve accablante.

Radiations, suspensions et le bouleversement de l'ère MiCA

Au-delà des actions coercitives américaines, l'historique des amendes de Tether inclut également une série de mesures prises au niveau des plateformes d'échange. En 2022 et 2023, plusieurs grandes places de marché crypto, notamment Coinbase dans certaines juridictions, Kraken dans l'Espace économique européen, et surtout des plateformes opérant sous le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA), ont annoncé qu'elles allaient radier ou suspendre l'USDT pour les utilisateurs européens. Les motifs invoqués étaient généralement liés à la conformité : Tether n'est pas enregistré au titre de MiCA, contrairement à des concurrents comme l'USDC de Circle, ou la plateforme souhaitait proposer un seul stablecoin réglementé pour la zone euro.

Ces radiations ne sont ni des amendes ni des actions coercitives. Ce sont des décisions commerciales. Mais elles comptent pour la chronologie parce qu'elles ont réduit la portée de l'USDT sur les plateformes réglementées, en particulier en Europe, et ont poussé une partie des volumes de交易 vers l'USDC et vers les stablecoins libellés en euros. Tether a répondu en se déployant sur de nouveaux marchés, notamment en lançant un stablecoin indexé sur la livre sterling et un autre indexé sur le peso, et en misant davantage sur les marchés hors de l'UE et des États-Unis.

Autres points de contact réglementaires à noter

Un historique complet des amendes de Tether comprend également des entrées de moindre ampleur. Tether a collaboré avec le ministère américain de la Justice dans le cadre d'enquêtes qui n'ont pas abouti à des poursuites publiques contre la société elle-même. Tether a gelé des portefeuilles à la demande des autorités dans des dizaines d'affaires, notamment en lien avec des fonds volés ou des contournements de sanctions. Aucune de ces mesures ne constitue une amende au sens juridique, mais elles font partie du dossier public montrant comment Tether a interagi avec les régulateurs.

Ce qui a changé dans les réserves et la portée après chaque événement majeur

Pour un lecteur qui souhaite tirer l'enseignement pratique d'un historique des amendes de Tether, la grille de lecture la plus utile consiste à se demander ce que chaque événement majeur a réellement changé. Le règlement avec le NYAG a entraîné de nouvelles divulgations sur le prêt à Bitfinex et a poussé Tether à être plus précis sur la manière dont les réserves étaient détenues. Le règlement avec la CFTC a produit l'amende de 41 millions de dollars, la conclusion formelle que les déclarations antérieures étaient trompeuses, et le pivot vers les bons du Trésor américain comme principale réserve. Les radiations de l'ère MiCA ont réduit la disponibilité de l'USDT sur les plateformes européennes, mais n'ont pas affecté de manière significative le volume de transactions mondial de l'USDT.

Aucun de ces événements n'a abouti à une décision de justice établissant que l'USDT était une fraude, qu'il était non adossé à un moment précis, ou qu'un utilisateur avait perdu de l'argent parce que des réserves manquaient. Cela ne signifie pas pour autant que les réserves vont bien. Cela signifie que le dossier public à ce jour est plus restreint que ce que les titres de presse suggèrent, et que les questions ouvertes portent principalement sur les audits à venir, la régulation future et la composition des réserves, et non sur des comportements passés qui auraient été tranchés par la justice.

Risques que tout utilisateur d'USDT devrait仍 prendre au sérieux

Même avec un historique d'amendes Tether irréprochable en main, les risques pour les utilisateurs sont bien réels. Premièrement, le risque de remboursement : bien que Tether ait honoré les rachats lors d'épisodes de stress passés, notamment l'effondrement de Terra en 2022 et celui de FTX la même année, une ruée future avec des partenaires bancaires concentrés pourrait se comporter différemment. Deuxièmement, le risque réglementaire : dans un scénario d'application strict, Tether pourrait être contraint de détenir des réserves selon des conditions précises, de geler certains portefeuilles ou de restreindre les rachats. Troisièmement, le risque de contrepartie : la valeur de l'USDT dépend de la solvabilité de Tether Limited, une société des îles Caïmans qui n'est pas soumise à la supervision bancaire américaine. Quatrièmement, le risque de déréférencement : de plus en plus de plateformes pourraient retirer l'USDT à mesure que les règles mondiales sur les stablecoins se resserrent.

Aucun de ces risques n'est propre à l'USDT. Les stablecoins en général sont exposés à la pression de rachat, aux évolutions réglementaires et à la solvabilité de l'émetteur. Mais l'USDT est le plus important en volume, ce qui signifie que n'importe lequel de ces risques se répercuterait sur l'ensemble du marché crypto, en particulier sur les paires BTC et ETH qui passent fréquemment par l'USDT.

Comment lire intelligemment les nouvelles actualités sur Tether

Tether évolue vite, tout comme l'actualité autour de ses réserves, de ses attestations et de sa situation réglementaire. Suivre manuellement quelles titres relèvent d'actions coercitives, lesquelles sont des retraits de la part de plateformes, et lesquelles sont du marketing peut vite devenir un exercice perdant. Zippfeed met en avant les titres concernant Tether avec une notation de sentiment (haussier, neutre ou baissier) et un score d'importance, afin que vous puissiez distinguer les évolutions réglementaires significatives du flux d'actualités routinier et réagir à celles qui modifient réellement le profil de risque de l'USDT.

Questions fréquemment posées

A-t-on déjà prouvé que Tether n'était pas adossé à des réserves ?
Aucun tribunal ni régulateur n'a conclu à un défaut de réserves de l'USDT à un moment précis. La décision de la CFTC en 2021 a établi que les précédentes déclarations publiques de Tether étaient inexactes ou trompeuses, sans toutefois statuer sur le niveau réel des réserves. Le règlement conclu en 2021 avec le NYAG portait sur un prêt non divulgué à Bitfinex, et non sur la couverture globale de l'USDT. Ceci constitue une information pédagogique et non un avis juridique, et les données publiques peuvent évoluer.
Quelle est la plus grosse amende jamais payée par Tether ?
La sanction la plus lourde de l'histoire de Tether est l'amende civile de 41 millions de dollars ordonnée par la Commodity Futures Trading Commission des États-Unis en octobre 2021. Un règlement distinct de 18,5 millions de dollars a été versé en 2021 au procureur général de New York dans le cadre de l'affaire iFinex/Bitfinex. Certains médias cumulent les montants de Bitfinex et de Tether, ce qui peut prêter à confusion.
Devrais-je continuer à utiliser l'USDT malgré son passé réglementaire ?
Tout dépend de l'usage que vous en faites. Pour le trading à fort volume sur les plateformes qui le prennent encore en charge, l'USDT reste le stablecoin offrant la liquidité la plus profonde pour les paires BTC et ETH. Pour une détention de long terme ou sur des plateformes réglementées, l'USDC ou un stablecoin en euros régulé peut présenter moins de risques juridictionnels. Ceci est une information pédagogique et non un conseil financier ; tenez compte de votre propre tolérance au risque et de votre juridiction.
Pourquoi Tether ne dispose-t-il pas d'un audit Big-4 comme Circle ?
Tether publie des attestations signées par de petits cabinets comptables plutôt que des opinions d'audit complètes délivrées par un cabinet Big-4. Les attestations sont des interventions plus restreintes, confirmant l'existence des réserves à un instant donné, sans se prononcer sur leur valorisation ou leur suffisance. Tether a indiqué qu'un audit complet était en cours, invoquant la complexité de ses réserves et l'absence de normes d'audit claires pour les stablecoins. Aucun régulateur américain n'a, à ce jour, imposé publiquement cette étape.
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