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Crypto : la Chine cible mixers et privacy coins

Le Parquet populaire suprême veut que les procureurs traitent l’usage de mixers et de privacy coins comme des indices probables de blanchiment, durcissant la ligne répressive fixée par Pékin lors du cycle précédent.

Les procureurs chinois appellent à une approche plus proactive dans les enquêtes sur le blanchiment d’argent impliquant des cryptomonnaies, notamment en considérant l’usage de mixers et de privacy coins comme des indicateurs d’une activité illicite probable. Cet argument figure dans un article publié sur le site du Parquet populaire suprême.

Pourquoi c’est important

Ce cadrage compte, car il déplace la charge de la preuve dans l’application de la loi en Chine : une transaction touchant un mixer ou un canal de privacy coin ne serait plus traitée comme un élément neutre exigeant une preuve supplémentaire d’infraction, mais comme un motif probable en soi. Pékin mène depuis 2021 une campagne soutenue de lutte contre le blanchiment visant les canaux crypto, et les dernières orientations formalisent ce qui relevait jusque-là d’une pratique informelle dans les parquets.

Impact sur le marché

Pour les desks de trading et les desks OTC opérant avec ou via des contreparties chinoises, l’effet pratique se traduit par des demandes de surveillance plus larges et un taux de rejet plus élevé pour tout flux touchant des services de mixing ou des tokens de confidentialité cloisonnés. La liquidité des privacy coins s’est déjà réduite sur les plateformes exposées au trafic continental, et toute nouvelle orientation du parquet tend à accélérer ce mouvement plutôt qu’à l’inverser. Le message pour les équipes conformité est simple : il faut partir du principe que l’heuristique on-chain sera appliquée.

Questions fréquemment posées

  1. Qu’ont réellement annoncé les procureurs chinois ?

    Ils ont publié sur le site du Parquet populaire suprême des orientations appelant à une approche plus proactive des affaires de blanchiment crypto, en soutenant que l’usage de mixers et de canaux de privacy coins doit être traité comme un indicateur d’activité illicite.

  2. Cela vise-t-il directement les détenteurs de privacy coins ?

    Aucun utilisateur précis n’est nommé dans ces orientations. Le cadrage est enquêteur : il demande aux procureurs de traiter le contact avec un mixer ou un canal de privacy coin comme un motif probable, et non comme un fait neutre exigeant une preuve supplémentaire.

  3. En quoi est-ce différent des précédentes mesures chinoises sur la crypto ?

    Pékin mène depuis 2021 une campagne anti-blanchiment contre les canaux crypto. Les dernières orientations formalisent ce que les parquets régionaux faisaient déjà de manière informelle, en relevant le seuil à partir duquel les flux liés à la crypto sont examinés.

  4. Cela va-t-il peser sur les prix des grandes cryptos ?

    C’est peu probable. L’effet à court terme passera par la conformité et les desks OTC exposés aux contreparties chinoises : demandes de surveillance plus larges, taux de rejet plus élevés sur les flux mixés ou liés aux privacy coins, et liquidité réduite pour ces tokens sur les plateformes avec trafic continental.

  5. Est-ce une nouvelle interdiction des privacy coins en Chine ?

    Ce n’est pas une interdiction formelle. Les restrictions chinoises existantes éloignent déjà les exchanges et desks OTC des tokens de confidentialité, et ces orientations durcissent l’application de l’heuristique on-chain plutôt que d’étendre l’interdiction sous-jacente.

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