Le déficit courant de l’Égypte a plus que doublé à 5,1 milliards de dollars au premier trimestre, sous l’effet d’un creusement du déficit commercial. Le manque à gagner est le plus important enregistré par le pays depuis 2020 et survient alors que l’économie fonctionne toujours dans le cadre d’un programme élargi de financement du FMI.
Pourquoi c’est important
Un déficit courant de cette ampleur, dans le cadre d’un programme du FMI et avec une livre égyptienne soumise à des pressions répétées de dévaluation, correspond précisément au déséquilibre que le plan de réformes du Fonds devait réduire. Plus l’écart se creuse, plus le service de la dette extérieure consomme rapidement les réserves en devises, et plus la pression augmente en faveur d’une nouvelle dévaluation de la livre pour défendre l’équilibre extérieur.
Impact sur le marché
Pour les observateurs des marchés émergents, cette publication est un signal de stress plutôt qu’une surprise : le déficit commercial reflète à la fois des recettes de péage du canal de Suez plus faibles, qui constituaient une source clé de devises, et une facture d’importations qui n’a pas diminué aussi vite que la livre. Surveillez la prochaine publication des réserves de la CBE et tout signal concernant une nouvelle revue du FMI comme véritables catalyseurs de risque. Le déficit lui-même confirme une trajectoire que le marché intègre depuis la dévaluation de mars.
Questions fréquemment posées
-
Quelle est l’ampleur du déficit courant de l’Égypte par rapport à l’histoire récente ?
À 5,1 milliards de dollars au T1, le déficit est le plus large enregistré par l’Égypte depuis 2020 et environ deux fois supérieur à celui du trimestre précédent, sous l’effet d’un creusement du déficit commercial.
-
Qu’est-ce qui creuse le déficit commercial en Égypte ?
Deux freins convergent : des recettes de péage du canal de Suez plus faibles, une source importante de devises, et une facture d’importations qui n’a pas diminué aussi vite que la livre égyptienne.
-
Pourquoi ce déficit compte-t-il pour la livre égyptienne ?
Un déficit courant plus large épuise les réserves en devises et accroît la pression en faveur d’une nouvelle dévaluation de la livre pour défendre la balance des paiements, surtout alors que l’Égypte reste sous programme du FMI.
-
L’Égypte est-elle toujours sous programme du FMI ?
Oui. L’Égypte est toujours engagée dans le mécanisme élargi de crédit du FMI, conçu pour réduire les déséquilibres extérieurs en échange d’un financement. Un déficit qui se creuse va à l’encontre de cet objectif.
-
Que doivent surveiller les investisseurs après cette publication ?
La prochaine publication des réserves de la Banque centrale d’Égypte et tout signal concernant une nouvelle revue du programme du FMI sont les principaux catalyseurs de risque pour la livre et la dette égyptienne.