Le PDG d'Eco, une société d'infrastructure pour stablecoins, Ryne Saxe, s'élève contre l'argument du lobby bancaire selon lequel les stablecoins videront les dépôts des banques communautaires. Il avertit le Congrès de ne pas laisser ce raisonnement freiner le Digital Asset Market Clarity Act, qui est sorti de la commission bancaire du Sénat par un vote bipartite de 15 contre 9.
Saxe, qui a grandi dans une ville rurale de l'Illinois d'environ 5 000 habitants où son père travaille dans une banque communautaire depuis plus de 30 ans, présente le débat comme du protectionnisme déguisé en défense des petites banques. Les banques communautaires détiennent environ un dixième des actifs bancaires américains, mais elles sont à l'origine de plus d'un tiers des prêts aux petites entreprises et de près des deux tiers des prêts agricoles dans tout le pays, une concentration qui, selon lui, devrait faire passer la discussion au-delà de la seule question des dépôts.
Pourquoi c'est important
L'argument central du lobby bancaire est que chaque dollar qui passe onchain est un dollar qui quitte le système bancaire. Saxe répond que l'activité en stablecoins continue de s'appuyer sur les banques, les émetteurs régulés, les dépositaires, les sociétés de paiement et les points d'accès à la monnaie fiat. La vraie question est donc de savoir quelles institutions s'adapteront assez vite pour se brancher sur ces nouveaux rails. La masse totale des stablecoins a franchi les 300 milliards de dollars, et Tether (USDT) a brièvement dépassé Ethereum en capitalisation pour devenir le deuxième actif numérique derrière Bitcoin. Le secteur est désormais bien au-delà du stade où l'on peut le traiter comme marginal.
Impact sur le marché
Saxe invoque la décennie fintech comme précédent à suivre pour les régulateurs. PayPal et Stripe ont démocratisé la banque numérique sans vider les établissements communautaires, et SoFi, la plus grande banque fintech cotée en bourse, affichait 37,5 milliards de dollars de dépôts au quatrième trimestre 2025, soit moins de 0,2 % de la base d'environ 20 000 milliards de dollars du système bancaire américain. Les cas d'usage qui tirent la croissance actuelle des stablecoins, à savoir le règlement transfrontalier, les opérations de trésorerie, les transactions programmables et la liquidité 24/7, ne recoupent pas le crédit relationnel que les banques communautaires monétisent réellement. C'est pourquoi, selon lui, le récit de l'hémorragie des dépôts s'effondre dès qu'on applique les données. Si le Clarity Act est rédigé pour protéger les acteurs en place de la concurrence plutôt que pour poser des garde-fous, écrit Saxe, il protégera une peur et non un marché.
Questions fréquemment posées
-
Qu'est-ce que le Digital Asset Market Clarity Act ?
C'est un projet de loi américain sur la structure de marché des actifs numériques, sorti de la commission bancaire du Sénat par un vote bipartite de 15 contre 9. Le PDG d'Eco, Ryne Saxe, estime que ses rédacteurs doivent résister à la pression du lobby bancaire visant à freiner la croissance des stablecoins au motif…
-
Quelle est la taille du marché américain des stablecoins aujourd'hui ?
L'offre totale de stablecoins a dépassé les 300 milliards de dollars. Tether (USDT) a brièvement dépassé Ethereum en capitalisation pour devenir le deuxième actif numérique derrière Bitcoin, selon les données citées dans la chronique.
-
Les banques communautaires risquent-elles vraiment une hémorragie de dépôts due aux stablecoins ?
Le PDG d'Eco estime que non. Les banques communautaires détiennent environ un dixième des actifs bancaires américains, mais elles sont à l'origine de plus d'un tiers des prêts aux PME et de près des deux tiers des prêts agricoles, monétisant la relation client et le crédit plutôt que le volume des dépôts.
-
En quoi le précédent fintech s'applique-t-il aux stablecoins ?
Saxe cite PayPal, Stripe et SoFi comme preuves que la finance embarquée s'est développée au sein de partenariats bancaires plutôt qu'en les évinçant. SoFi affichait 37,5 milliards de dollars de dépôts au quatrième trimestre 2025, soit moins de 0,2 % de la base de dépôts américaine d'environ 20 000 milliards de dollars.
-
Que devrait concrètement faire le Congrès selon la chronique ?
Rédiger le Clarity Act pour poser des garde-fous et des règles du jeu claires pour les émetteurs et les marchés, et non pour choisir à l'avance quels acteurs seront protégés de la concurrence. L'objectif est la protection des consommateurs et du marché, pas celle des incumbents.