La sénatrice Cynthia Lummis a fait de la section 604 du CLARITY Act la pièce maîtresse de son offensive pour protéger les développeurs open source, en invoquant la condamnation, le 6 août 2025, du cofondateur de Tornado Cash, Roman Storm, pour complicité d'exploitation d'une entreprise de transmission de fonds sans agrément, comme la preuve la plus nette que les bâtisseurs non dépositaires font face à une réelle exposition pénale sous le droit actuel. Le jury n'a pas pu statuer sur les deux chefs d'accusation plus graves, la complicité de blanchiment d'argent et la complicité de violation des sanctions, et la condamnation emporte une peine maximale de cinq ans. Le Digital Asset Market Clarity Act a été adopté par la Chambre 294-134 en juillet 2025 puis par la commission bancaire du Sénat 15-9 en mai 2026, mais n'a pas encore été soumis au vote en séance plénière du Sénat. Plus de 60 PDG et fondateurs, chez Coinbase, Uniswap, Kraken, a16z crypto et Paradigm, ont signé en juin une lettre faisant de la section 604 une condition non négociable de leur soutien au texte plus large.
Pourquoi c'est important
La section 604 est issue du Blockchain Regulatory Certainty Act présenté pour la première fois en 2018 et codifie ce que les orientations 2019 de FinCEN énonçaient déjà au niveau administratif: un développeur non contrôleur qui publie des logiciels de registre distribué, distribue des outils d'auto-conservation ou exploite des nœuds d'infrastructure n'est pas un transmetteur de fonds au sens de 31 U.S.C. § 5330 ou de 18 U.S.C. § 1960. Le seuil opérationnel est le critère du « non-contrôle ». Un développeur n'y satisfait que s'il ne dispose pas du droit légal de contrôler les transactions des utilisateurs, s'il n'a pas la capacité unilatérale d'initier des transferts à la demande et s'il ne peut pas réaliser de transferts sans l'approbation d'une autre partie. Tornado Cash correspond à cette architecture sur le papier, le contrat intelligent s'exécute de manière autonome et le déployeur ne détient aucune clé permettant de déplacer les fonds des utilisateurs, ce qui constitue précisément l'argument que Lummis utilise pour ancrer le dossier législatif.
Impact sur le marché
L'exclusion est plus étroite que ne le laisse entendre la communication de la filière. Tout protocole dont le déployeur conserve une clé de mise à jour, une dérogation multisig, une fonction de pause ou un commutateur de frais sous contrôle discrétionnaire échoue au test et reste exposé à la même théorie de poursuite que celle qui a mené Storm devant un jury.
Questions fréquemment posées
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Qu'est-ce que la section 604 du CLARITY Act ?
La section 604 est un régime fédéral de protection qui codifie les orientations 2019 de FinCEN, en exemptant les développeurs non contrôleurs de logiciels de registre distribué, d'outils d'auto-conservation et d'infrastructures de nœuds de la qualification de transmetteur de fonds au sens de 31 U.S.C. § 5330 et 18…
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Quel lien entre la condamnation de Roman Storm et la section 604 ?
Storm a été condamné le 6 août 2025 pour complicité d'exploitation d'une entreprise de transmission de fonds sans agrément, après avoir cofondé Tornado Cash. Lummis invoque l'affaire comme preuve directe que les développeurs non dépositaires s'exposent pénalement sous le droit actuel et que le régime protecteur de la…
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En quoi consiste le critère du « non-contrôle » de la section 604 ?
Un développeur n'y satisfait que s'il ne dispose pas du droit légal de contrôler les transactions des utilisateurs, s'il n'a pas la capacité unilatérale d'initier des transferts à la demande et s'il ne peut pas réaliser de transferts sans l'approbation d'une autre partie. Le seuil exclut tout opérateur qui conserve…
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Où en est le CLARITY Act au Congrès ?
Le texte a été adopté par la Chambre 294-134 en juillet 2025 puis par la commission bancaire du Sénat 15-9 en mai 2026, mais n'a pas encore été soumis au vote en séance plénière du Sénat. Les frictions inter-commissions restent non résolues et aucune date de vote n'est prévue.
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La section 604 protège-t-elle tous les protocoles DeFi ?
Non. Seuls les protocoles dont le déployeur ne contrôle jamais les fonds des utilisateurs et n'a jamais la capacité unilatérale d'initier des transactions satisfont au test. La disposition est plus étroite que ne le laisse entendre la communication de la filière, et la plupart des déploiements DeFi actifs conservent…